Bèf dèyè ka bwè dlo sal = Les derniers b?ufs arrivés à la mare n'ont plus que de l'eau sale à boire = Les derniers ont les restes
L'histoire littéraire des Antilles est récente ; les auteurs sont nés au XXème siècle car auparavant, la littérature proprement dite n'existait pas ; seuls les contes oraux perpétuaient les légendes. Certains auteurs contemporains ont d'ailleurs repris ces contes ou en ont écrit d'autres, dans la lignée des célèbres conteurs créoles, avec leurs personnages et leurs dictons.
Les courants littéraires ont tous la même vocation : la recherche d'une identité culturelle antillaise qui puisse rendre compte de son autonomie, de ses richesses propres et différentes des autres.
On en distingue trois grands :
La négritude. Fondé par Aimé Césaire et Léopold Senghor vers 1934, ce premier courant d'émancipation de la culture des Antilles revendique la reconnaissance d'une culture noire en opposition à la culture blanche.
L'Antillanisme. Ce courant, fondé par Edouard Glissant revendique la prise en considération de toute l'histoire du peuple Antillais, du travail dans les plantations, du passé d'esclave. nécessaire pour fonder une véritable culture Antillaise.
La Créolité. Fondé par Chamoiseau, Confiant et Bernabé, dans les années 80, ces principes sont énoncés dans le livre « éloges de la créolité » écrit par ces mêmes auteurs. Ceux-ci revendiquent une culture créole, riche de tous ses métissages, de toutes ses populations et du brassages de leurs différentes coutumes et traditions pour aboutir à une culture unique.
Ecrire un roman, même écrire tout simplement, résulte d'un long processus de remise en question. Ces auteurs sont effectivement les premiers écrivains des Antilles, avant eux, aucun livre, aucun écrit ; simplement des oeuvres orales.
De ce fait, être les premiers engendra deux positions contradictoires :
d'une part les écrivains Antillais se doivent de retranscrire la mémoire de leur peuple, doivent représenter fidèlement les préoccupations et les mentalités de chez eux. Ils sont donc des intermédiaires entre leur peuple et le reste du monde. Grâce à eux, la culture antillaise sera connue et reconnue. Leur rôle ici est donc plutôt positif et valorisant.
Mais d'autre part, ce rapport à l'écrit est douloureux et complexe car les Antillais n'ont jamais eu de rapport à l'écrit ni à l'écriture. De plus la langue du peuple est le créole ! Dans ce contexte, les auteurs Antillais culpabilisent, se sentent coupables de trahison d'utiliser cet outil et cette langue qui ne sont pas originaires de leur culture et qui sont même deux attributs des européens ! Alors comment faire pour sortir de cette impasse ? Comment arriver à exprimer sa différence et ses fondements en utilisant, en copiant les procédés de ceux dont justement on veut se différencier ?
Les auteurs ont réussi à dépasser ce problème, peut-être fondamental au début mais qui s'estompe au fur et à mesure que les récits, que les témoignages paraissent pour nous livrer la vision vraie des Antilles, la vision de l'intérieur. A travers ces romans et cette littérature, on apprend à connaître la véritable histoire des Antilles, racontée par ceux qui la vivent et par ceux qui la créent.
Dans un souci de clarté, j'ai choisi de classer cette littérature antillaise par genre :