Tout chyen fò douvan lapòt mèt-li = = Tout chien est le plus fort devant la porte de son maître

Le romans antillais

Edouard Glissant

Edouard Glissant  : célèbre auteur Martiniquais né en 1928.

Il fonda le concept de l' Antillanité  selon lequel l'Antillais, en, quête d'identité doit reconstruire son passé, son histoire indépendamment des écrits et analyses métropolitains. Il doit « mettre à jour le réel antillais à travers l'histoire commune de la plantation sucrière. ». La spécificité et la richesse des Antillais sont dues au brassage culturel, ethnique, idiomatique.

Glissant a écrit des poèmes, des essais littéraires et philosophiques et des romans dont La lézarde qui obtint le prix Renaudot en 1958.

Parallèlement, cet auteur va s'engager dans son époque, d'abord politiquement en s'impliquant dans la lutte contre le colonialisme français en Algérie, puis il deviendra rédacteur en chef du courrier de l'Unesco.

 

Joseph Zobel  : né en 1915 à la Martinique.

Il est l'auteur de Rue Cases-nègres en 1950 qui connut un immense succès. Cette oeuvre autobiographique a été portée à l'écran par la suite.

 

Maryse Condé

Maryse Condé  : née en 1937 à Pointe-à-Pitre

Après une enfance passée à la Guadeloupe et des études secondaires et supérieures à Paris, Maryse Condé a vécu douze ans en Afrique. Elle reviendra de nouveau sur Paris pour présenter une thèse avant de s'installer à New York où elle réside encore aujourd'hui. Elle partage son temps entre enseignement et écriture.

Partisane d'une littérature antillaise, elle a d'abord écrit des romans sur l'Afrique, puis d'autres sur son pays natal.

A travers ses romans, cet auteur recherche son identité, son histoire et celle de son peuple en combattant toute forme de racisme, en s'opposant aux préjugés et aux clichés qui divisent encore trop les hommes noirs et blancs.

Moi,Tituba sorcière est récompensé en 1987 par le Grand Prix de la Femme à Paris.

Elle sera également récompensée plusieurs fois à New York pour ses romans.

La vie scélérate raconte la saga d'une lignée de riches commerçants de la Guadeloupe : les Louis, avec ses injustices, ses malheurs, ses déboires et ses espérances. Ce roman relate à la fois l'histoire de tout le peuple de la Guadeloupe avec ses mentalités, ses méfiances, ses espoirs, ses déceptions.

Mais La vie scélérate raconte aussi l'histoire d'une famille peu commune avec ses êtres d'exception capables des cruautés dignes des esclavagistes pour faire fortune. Certains membres de cette famille seront sacrifiés, d'autres vénérés. Mais dans la mort, ils retrouvent tous leur place, leur dignité.

Cette saga très poignante ne laisse aucun lecteur indifférent et permet de mieux comprendre toutes les ambiguïtés et les complexités qui façonnent les mentalités créoles.

Le cour à rire et à pleurer publié en 2002 est une autobiographie. Maryse Condé y relate, avec beaucoup de simplicité, son enfance à La Pointe, ses vacances à Paris entourée de ses frères et soeurs et de ses parents vieillissants. L'auteur a choisi de raconter une étape de sa vie : celle où la personnalité se forme, celle où l'être se cherche, essaie de trouver sa place et tente de découvrir le fonctionnement de la vie.

La sincérité de l'auteur donne à cette oeuvre toute sa beauté et tout son intérêt. La réalité est donnée sans apparat. Les pensées de l'enfant sont livrées crûment, sans embellissement et sans recherche romanesque.

 

 

Daniel Maximin : né en 1947 à Saint-Claude en Guadeloupe.

Il s'installe à Paris en 1960 avec sa famille. Il étudie les lettres et les sciences humaines et devient professeur à Orly. En 1980, il est nommé directeur littéraire aux éditions Présence Africaine et producteur de l'émission Antipodes sur France-culture. En 1989 il retourne en Guadeloupe pour occuper la fonction de directeur régional des affaires culturelles.

De retour à Paris en 1997, il est actuellement conseiller à la mission pour les arts et la culture au Ministère de l'éducation nationale.

Tu, c'est l'enfance publié en 2004 est une autobiographie dans laquelle les émotions et les sensations du futur écrivain priment sur les évènements narrés.

L'écriture de Maximin est très poétique, très belle et sensible.

La nature guadeloupéenne occupe une place importante voire primordiale dans ce livre : sa beauté, sa puissance et la place exceptionnelle qu'elle occupe sur cette île en font un être respecté, une Dame Nature personnifiée qui dispense bonheur et douceur de vivre ou au contraire cataclysmes et malheur.

Le roman est divisé en 4 chapitres : la terre, le feu, l'eau et l'air ; ceci montre bien l'intérêt porté à la nature et l'essence poétique du texte.

 

Ernest Pépin

Ernest Pépin : né en 1950 au Lamentin en Guadeloupe.

Après des études de lettres à Bordeaux, il enseigne durant de nombreuses années. Depuis 1985 il occupe le poste de Directeur des Affaires culturelles, sportives et du patrimoine au Conseil Régional de la Guadeloupe.

 

Coulée d'or est un récit autobiographique sur l'enfance de l'auteur. Il fait revivre sa Guadeloupe avec ses parfums, ses paysages, ses habitants.

Pépin décrit avec tendresse, amour et nostalgie ses jeux d'enfants, ses rêves, ses prises de conscience ; il rend également hommages aux personnages qui ont marqué cette partie de sa vie.

Coulée d'or symbolise la joie pure et insouciante d'une enfance. Ce temps béni, l'auteur, comme tout adulte, le conserve précieusement en mémoire, comme un trésor suprême.

Coulée d'or , c'est enfin le temps où les différences n'existaient pas encore vraiment pour l'enfant. Le temps où les colères, les révoltes et les culpabilités ne rongeaient pas encore l'âme.

 

 

Raphael Confiant

Raphaël Confiant : né à la Martinique en 1951.

Il étudia les sciences politiques puis l'anglais avant de se lancer dans l'écriture.

Il est le fondateur dans les années 80 du courant nommé la Créolité, avec Chamoiseau et Bernabé . Ce courant poursuit la recherche de l'identité culturelle des Antillais. Ici, le métissage, le brassage des populations et des cultures est vu comme quelque chose de positif qui a donné à la culture antillaise toute sa richesse, toute sa diversité.

Parmi les oeuvres de Raphaël Confiant, on trouve des contes, des essais et des romans dont certains ont été récompensés.

 

Ravines chaudes du devant   et   Cahier de romances  sont des oeuvres autobiographiques dans lesquelles il raconte sa petite enfance puis son adolescence.

Dans ses autobiographies, l'auteur s'adresse directement au narrateur, à Raphaël, chabin sincère et sympathique. Cette tranche de vie est magnifique, sensible, prenante. La dernière page achevée, on refuse de laisser là le héros devenu proche, on veut connaître la suite, continuer avec lui !

Derrière l'histoire de ce garçon, on découvre une culture, une époque. C'est l'histoire de la Martinique, de ses populations, de ses mentalités, de ses malaises. On découvre ses odeurs, ses coutumes, ses chants, ses expressions.

A travers « Cahier de romance », on prend également conscience de toute la difficulté, de toute l'ambiguïté du double langage : créole et français pour les écrivains. En effet, dans quelle langue écrire ? Comment faire pour traduire ses émotions, pour être sincère, pour se raconter en français ? Comment faire pour écrire en créole, langue utilisée uniquement à l'oral ? Ce dilemme fait partie des préoccupations majeures des écrivains Antillais du XX ème siècle. Il intervient dans cette recherche d'identité culturelle

 

 

Patrick Chamoiseau

Patrick Chamoiseau  : né en 1953 à la Martinique.

Après des études de droit et de lettres, il devient éducateur social et se tourne également vers l'écriture.

Avec Confiant et Bernabé, il écrit l'essai « Eloge de la créolité » dans lequel les trois hommes définissent un nouveau courant littéraire destiné à donner une identité propre, culturelle et historique au peuple créole.

Chamoiseau est aussi l'auteur de plusieurs romans .

Texaco  : publié en 1992 fut récompensé par le prix Goncourt.

 

Cette oeuvre extrêmement riche est une mine d'informations culturelles, historiques et littéraires sur les Antilles françaises.

Chamoiseau décrit la difficile existence de ces ancêtres avec beaucoup d'humour et de compassion. Son oeuvre mêle récit romanesque et contes antillais.

Ecrire une critique de quelques lignes sur cette oeuvre reviendrait trop à la réduire à seulement quelques thèmes ou quelques particularités de style.

Alors, lisez ce roman, plongez dans l'univers original de l'auteur, dans ce foisonnement de détails et d'indices pour découvrir le peuple antillais.

 

 

Gisèle Pineau

Gisèle Pineau  : née en 1956 à Paris

Elevée à Paris où elle se sent en terre d'exil, elle subit racisme et intolérance. Elle entame des études de lettres, puis devient infirmière. Après son mariage, elle retourne en Guadeloupe pour travailler pendant 20 ans en psychiatrie.

Femmes des Antilles, traces et voix, cent cinquante ans après l'abolition de l'esclavage  (écrit en collaboration avec Marie Abraham) :

Ce livre est une succession de récits de femmes de la Guadeloupe, de tout âge, de tout niveau social. Ces femmes livrent leur vie, leurs inquiétudes, leurs espoirs dans cette île dont elles sont, ou non, originaires.

Des textes poignants, sincères voire crus. Certains optimistes, d'autres empreints d'une vision pessimiste de l'avenir.

Ces récits de femmes sont ponctués de rappels historiques sur les conditions des femmes en période d'esclavage, sur les horreurs vécues et endurées.

La lecture de cet ouvrage est nécessaire à qui veut tenter de comprendre les Guadeloupéennes d'aujourd'hui.

 

La grande drive des esprits, ouvrage publié en 1993 :

On découvre à travers ce roman une Guadeloupe superstitieuse, sous l'emprise des croyances populaires des mauvais sorts jetés, des désenvoûtements, ...

L'originalité de l'oeuvre réside en ce narrateur témoin; témoin de faits étranges, de rencontres quasi-surnaturelles qui ne semblent pas dues au hasard et qui finissent par ébranler ses certitudes rationnelles.

 

L’âme prêtée aux oiseaux,  publié en 1998 .

C’est une histoire d’amitié, belle et sensible, entre deux femmes que rien ne prédisposait à se rencontrer : Sybille la Guadeloupéenne et Lila sexagénaire, originaire de Paris. Ce livre retrace les histoires chaotiques de ces deux êtres; leur passé, chacune dans leur univers mais que bien des points rapprochent: la guerre pour Lila avec ses horreurs, ses injustices…Un Paris enfermé dans des préjugés, des mentalités étriquées…Et la Guadeloupe pour Sybille : une Guadeloupe où dominent les superstitions, la folie et les injustices, les esprits tourmentés.

Malgré leurs différences, la douleur de l’incompréhension et la solitude vont rapprocher ces deux femmes. Elles vont ensemble parcourir une tranche de vie et même redécouvrir l’amour et la joie.

 

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